![]() |
|
|
s'aimer corps & âme chanter |
Verbaliser Quand bébé tout en larmes entend la voix de maman, il sait que la sécurité s'en vient: qu'il aura sa tétée. Il l'a reconnaît et cela le rassure comme le rassurera plus tard sa capacité d'identifier les différentes voix des gens qui l'entourent: celles des gens bons que l'on peut laisser s'approcher et celles des gens insécurisants dont il faut se tenir éloigner. De même nous apprenons inconsciemment , en grandissant, à imiter la voix de personnes qui nous semblent sécurisantes pour pouvoir à notre tour être reconnu par les autres, particulièrement par ceux dont nous voulons attirer l'attention; mais aussi pour se différencier de ceux dont nous voulons être différent. En un mot nous aprenons à jouer un rôle. Il est alors tentant de stationner notre voix dans un son immuable, identifiant et sécurisant; au son que l'on peut, d'une fois à l'autre, tenir dans notre main avec autant de contrôle qu'un marteau. Malheureusement notre voix n'est pas notre voie; Car en réalité les sons que l'on tente de produire avec notre voix, consciemment ou inconsciemment, ne sont toujours qu'une imitation, qu'une tentative de produire un effet sonore en utilisant le bagage de sons accumulés dans notre mémoire depuis notre naissance. Elle est, notre voix, un mélange d'intonations, de timbres, de couleurs... provenant de toutes les personnes ou choses entendues dans notre existence (et qui sait, peut-être même de vie antérieure; après-tout la voix est une réalité spatio-temporelle*) Notre vraie voix serait la voix de tout notre corps en vibration et non pas seulement de quelques parties inégalement en vibration. Mais comme notre corps ne cesse de se modifier avec le temps (n'oublions pas qu'étant composé d'atomes, notre corps ne se modifie non pas seulement en terme d'années mais aussi en terme de fractions de secondes). Notre voix d'adulte n'es plus ce qu'était notre voix de jeune enfant et elle changera encore en vieillissant. Ma voix de ce moment-ci sera différente de celle que j'aurai dans quelques secondes si j'apprenais une mauvaise nouvelle. Selon notre humeur, ou même selon la température extérieure, elle change, et ce indépendamment de notre volonté consciente. Donc notre vraie voix doit être constamment changeante à l'image de notre corps. Le rôle que nous nous atribuons en imitations de sons chaque fois que nous parlons ou chantons doit vibrer différemment tout le temps dans l'espace. Essayer de garder une même voix n'a tout simplement pas de sens. Et même sur le plan symbolique, essayer de conserver un style de voix, ce serait refuser à soi-même le droit d'évoluer. Toutes techniques de chant ou école de pensé vocale qui miserait sur une technique mécanique immuable, sans intégrer des ajustements à l'évolution de son corps et de sa perception de la réalité (par les sens) et sans enseigner l'importance de la souplesse et de l'adaptation, pourraît entraîner une combat négatif contre la réalité mouvente du soi (le soi=être= verbe=action=mouvement; le soi n'est pas un sujet statique ou un objet). Cela pourraît entrainer des irritations laryngiennes, des nodules aux cordes vocales ou moins grâve de l'essouflement ou de la perte de motivations à chanter. La voix est à l'image du verbe: elle est insaisissable comme la vie ou comme l'âme. Ce n'est pas le sujet du verbe, ni même un complément du verbe que l'on peut clairement identifier, toucher, modifier. Si en entendant ma voix on peut identifier que c'est la voix de l'individu Normand reconnaissable physiquement et socialement , cela ne veut pas dire, d'une part, que Normand et sa voix ne change pas. Si les mots "Normand", "voix", "souffle", "respiration" peuvent être des sujets dans une phrase qui aide à identifier des réalités, cela n'empêche pas ces réalités d'être constemment en changement. Pour que notre voix puisse s'améliorer , s'emplifier, ou qu'elle puisse se soumettre à notre volonté, elle doit être vivante. Elle doit être un verbe et donc constemment en mouvement. Elle ne saurait être un objet fixe dont on aurait peur d'en briser l'état; ni un sujet extérieur à soi sur qui on aurait pas le plein pouvoir. Ici nous nous heurtons à la pire difficulté du chanteur: celui d'accepter de changer. Je ne veux pas seulement parler de changer sa voix mais aussi soi même. Parce que la voix est normalement la principale relique hérité de nos parents et éducateurs; parce qu'elle nous identifie auprès d'eux et de tous les autres de qui nous voulons l'attention, nous la considérons souvent comme un objet, un outil dont il faut garder le contrôle. Quelque soit notre croyance philosophique, scientifique ou spirituelle, nous devons admettre que le phénomène vocal n'a d'existence que dans la mesure qu'il y a un espace-temps. Pour que se produise un son il faut une structure physoqie (un corps) qui entrant en vibration, provoque la vibration de l'air qui l'environne. Et cette vibration s'enchaîne sur toutes autres structues physiologiques (air, particules de tous genres, arbres, maisons, personnes...). Et plus l'enchaînement de vibrations s'éloignent de sa source, plus la vibration s'aténue ou se dissipe dans la masse des vibrations produitent par toutes les autres structures de l'univers espace-temps. Dans un univers où l'espace-temps n'existerait pas ( et beaucouop d'astro-physiciens calculent que cela peut exister). le son n'existe pas: sans structure physique, serait-elle aussi petite que des particules d'atome pour s'entrechoquer, il ne saurait se produire; la vibration ne saurait se reproduire.
|
![]() |
|